Le 13 février au ministère de l’éducation nationale, je participais aux échanges avec Régis Marcon, la députée Céline Calvez et le ministre Jean-Michel Blanquer sur la réforme de la voie professionnelle.

Il s’agit de viser l’excellence en travaillant sur l’attractivité, l’efficacité et l’ouverture des lycées professionnels en s’appuyant sur des pédagogies innovantes et l’articulation des campus au travers des éléments suivants :

  • une orientation choisie,
  • une spécialisation progressive,
  • une double finalité (insertion professionnelle ou poursuite d’études),
  • le développement de compétences transversales,
  • une alternance repensée,
  • des référentiels rénovés et ajustables (innovations),
  • l’appui sur des réseaux,
  • l’attention à l’encadrement,
  • Erasmus plus.

 

Le 22 février, la députée LaREM Céline Calvez et le chef cuisinier Régis Marcon ont remis au ministre de l’Education nationale leur rapport sur l’avenir de la voie professionnelle

Personne ne peut satisfaire de la situation actuelle de la voie professionnelle : elle est « bien souvent dévalorisée » (rapport), et plus de la moitié des titulaires de CAP ou de bac professionnel sont au chômage 7 mois après l’obtention de leur diplôme.

Le Ministre mènera une concertation avec tous les acteurs du secteur au mois de mars sur la base du rapport qui lui a été remis, et un texte sera présenté en avril.

Le rapport fixe 3 objectifs :

1.       Une attractivité retrouvée « Nous allons faire du lycée pro un lieu extrêmement attractif parce que s’y jouera le futur professionnel de la France. » (J.-M. Blanquer, QAG, 20/02/2018)

Le rapport préconise pour cela de réduire le nombre de spécialités pour plus de lisibilité : aujourd’hui, 300 (200 spécialités existent en CAP et 100 en bac pro), et 20% d’entre elles concentrent 80% des 700 000 élèves.
Il préconise également de lutter contre les stéréotypes de genre, notamment en initiant les filles aux secteurs du numérique et de la production, aujourd’hui à 80% masculins.

 

2.       Une efficacité accrue, en adaptant la scolarité au profil de chaque élève et en évaluant mieux l’efficacité de chaque formation.

Dans cette perspective, le rapport propose de revoir l’organisation de la scolarité en lycée professionnel pour permettre une plus grande personnalisation des parcours. L’élève choisirait une « famille de métier » en Seconde, sa spécialité en Première et une modalité de formation (scolaire ou apprentissage) pour la Terminale, en fonction de ses projets.
Autre proposition : adapter la durée de formation des CAP au profil des élèves : « suivant son niveau,  sa capacité à se former, l’adolescent pourra suivre  un cursus de une à deux, voire trois années de  formation. À chacun son parcours ! » (rapport)

 

3.       Une ouverture possible vers d’autres parcours, en permettant aux élèves de côtoyer des personnes aux parcours différents, de se former à l’étranger, de se former aux secteurs du futur.

Il s’agit d’abord d’allonger les durées des séjours dans d’autres pays européens via Erasmus+ : aujourd’hui, 72% de ces séjours durent moins d’un mois.
Le document préconise aussi de décloisonner l’offre de formation, en inscrivant chaque établissement au sein d’un réseau d’établissements (lycée professionnel, centre de formation des apprentis, enseignement supérieur) et en dynamisant les campus des métiers et qualifications (CMQ), qui doivent devenir des lieux de formation  de  pointe.

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