COMMISSION DES AFFAIRES EUROPÉENNES

Mercredi 15 novembre 2017

Coprésidence de Mme Sabine Thillaye, Présidente de la commission,
et de M. Bruno Studer, Président de la commission des affaires culturelles
et de l’éducation

Je voudrais vous interroger sur les échanges culturels liés à la jeunesse. Le festival du Film de Sarlat, en Dordogne, se tient cette semaine. Il a la particularité d’être le seul festival en France à organiser un festival parallèle destiné aux lycéens. Tout au long de la semaine, 600 jeunes de toute la France – et cette année du Québec – vont assister à des projections et à des conférences, et rencontrer des professionnels, en lien avec la programmation du festival mais aussi le programme de l’option Cinéma pour le baccalauréat. Ces jeunes vont aussi proposer leurs propres créations et réaliser durant cette semaine des courts-métrages qui seront eux aussi présentés et primés ce vendredi.

Les festivals et événements culturels d’une certaine dimension pourraient, comme celui de Sarlat, s’ouvrir à des réseaux européens de lycéens, en intégrant un programme « jeunes » à leur programmation. Cela offrirait aux jeunes Européens l’occasion de se rencontrer autour d’un enjeu culturel et de partager un moment culturel fort, adossé à la création.

Madame la ministre, comment pourrait-on inciter ces festivals et événements culturels à créer un volet « jeunesse européenne », là encore pour favoriser un échange humain et la formidable ouverture d’esprit que portent évidemment le cinéma et les événements semblables ?

 

Mme la ministre. Madame Dubois, l’ouverture à la jeunesse du festival de Sarlat met effectivement en évidence l’excellente idée de s’ouvrir aux lycées européens. Ce festival réunit plusieurs centaines de jeunes lycéens cinéphiles de toute la France, qui passent le baccalauréat option Cinéma. Ils passent une semaine à découvrir des œuvres, à en débattre, mais aussi à en créer par le biais des différents ateliers. C’est un symbole du rôle-clé que peuvent jouer les festivals pour renouveler les nouveaux publics, mais aussi pour former les nouveaux talents. C’est important, car le cinéma est porteur de connaissances sur toutes les cultures. C’est pourquoi j’attache aussi beaucoup d’intérêt aux opérations de médiation que peut mener le Centre national du cinéma auprès des établissements scolaires, via le service civique. En accueillant des jeunes du Québec, le festival montre que le chemin passe aussi par l’ouverture aux autres cultures et par l’échange avec des jeunes d’autres pays. Il faut accompagner cette ouverture vers l’Europe et faire de ce festival un modèle qui puisse être décliné.

Mme Jacqueline Dubois. J’espère que vous viendrez l’année prochaine !

Mme la ministre. Avec un plaisir infini : je n’ai pas passé quarante ans dans le domaine de la culture pour me dérober à l’envie et au plaisir de la culture ! Le programme Europe Créative peut nous aider, car il attache également une grande importance à ce jeune public et aux coopérations entre festivals européens. Les soutiens sont rares, mais privilégient les actions en direction de la jeunesse, ainsi que l’innovation et la dimension transfrontalière.

Le programme Erasmus Jeunesse soutient l’éducation informelle des jeunes au travers de programmes de mobilité. Cela peut s’appliquer ici. Il n’est pas non plus exclu d’imaginer que, dans le cadre du Pass Culture européen, on puisse imaginer un accès à ce genre d’événements. Ce serait une façon de faciliter les mobilités des jeunes Européens. Je suis preneuse de toutes vos contributions en matière d’éducation de la jeunesse et suis ravie d’échanger avec vous à ce propos.

 

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