Un choix très difficile et courageux

Aujourd’hui, la production de betteraves sucrières est profondément fragilisée, pouvant remettre en question l’avenir de cette production à court terme. En période de crise économique, je n’imaginais pas pas qu’on prenne le risque de voir 10 000 personnes de plus inscrites au chômage sur les 40 000 emplois directs et indirects que compte la filière.

A l’écoute des agriculteurs

Personnellement, j’ai fait un choix de raison qui n’était pas de gaieté de cœur.  Je comprends tout à fait ceux qui défendent les abeilles et j’aurais préféré voter contre si je n’avais pas le sentiment que l’urgence est du côté des agriculteurs. Les betteraviers connaissent une baisse de production inédite à cause de la prolifération des pucerons verts. Les alternatives aux néonicotinoïdes essayées cet hiver se sont avérées inefficaces … La perte de rendement pour cette année est estimée entre 30 et 50%.

il y une distorsion de concurrence au niveau européen qui met les agriculteurs français en difficulté.

En Dordogne, mes rencontres régulières avec la profession m’ont prouvé que les agriculteurs sont sincèrement engagés vers la transformation agroécologique.

La vérité est souvent dans un entre deux : je préfère l’accompagnement à la punition.

Une utilisation très encadrée

Il ne s’agit pas d’une autorisation mais d’une dérogation à une interdiction.La dérogation sera limitée dans le temps : 3 ans maximum que l’on doit reconduire chaque année. Elle sera réexaminée tous les ans en fonction de la situation agricole et de l’état de la recherche. La limitation concernera la méthode. La pulvérisation est interdite pour préserver les polinisateurs. Les betteraviers devront utiliser la technique d’enrobage des semences.

Enfin, un Conseil de Surveillance est créé. Il sera chargé du suivi et du contrôle de la recherche, ainsi que de la mise en œuvre d’alternatives aux néonicontinoïdes.

Il est donc fondamental d’encourager la recherche d’alternatives aux pesticides pour préserver notre modèle agricole.