Madame la Ministre,

Je souhaite partager avec vous ma très grande inquiétude concernant la situation des Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, sur l’ensemble du territoire national et dans le département de la Dordogne en particulier.

Des familles de résidents, des personnels et des organisations syndicales m’ont alertée sur d’importantes difficultés que connaissent plusieurs de ces établissements, difficultés que j’ai pu moi-même constater en visitant dernièrement 15 EHPAD publics et privés de ma circonscription.

C’est souvent un manque de personnel qui en affecte le bon fonctionnement. Cela remet en question la qualité de l’accompagnement de la dépendance ou la garantie pour nos aînés de bénéficier de soins adaptés et prodigués au bon moment.

Le Plan solidarité grand âge de juin 2006 et la loi de décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement, fixent comme objectif un ratio de 0,65 soignant par résident, un ratio qui doit être augmenté à 1 professionnel par résident pour les personnes âgées les plus malades et les plus dépendantes.

Les données rassemblées ces dernières semaines par les syndicats, et particulièrement Force ouvrière, font apparaître qu’actuellement en Dordogne, ce ratio n’est que de 0,62 soignant par résident, bien inférieur aux objectifs nationaux affichés.

Alors que notre société est vieillissante, la prise en charge de nos aînés ne peut être défaillante. C’est un défi que nous devons relever dès maintenant, et cela nécessite également de réétudier le problème du reste à charge pour les résidents ou encore d’augmenter le nombre de places d’accueil permanent et temporaire.

Madame la Ministre, nous sommes face à une crise, qui ne fait que commencer si rien n’est fait pour changer la situation. Quels sont les leviers d’action que vous envisagez pour permettre l’accompagnement digne que méritent nos parents et grands-parents démunis en raison de leur grande fragilité et, ainsi ramener plus de sérénité ?

 

 

Madame la Ministre,

Je vous remercie de votre réponse. La qualité humaine de la direction joue aussi un rôle important dans le soutien des équipes, les relations avec les résidents et leurs familles et je vous invite à le constater quand vous vous vous rendrez en Dordogne.

En discutant les directeurs des EHPAD de ma circonscription, j’ai décelé une sorte d’anomalie entre le secteur public et le secteur privé.

Les EHPAD privés disposent d’une meilleure marge de manœuvre, d’une part, en raison d’un tarif ajustable qui leur permet de compléter, si nécessaire, le taux d’encadrement, d’autre part, en raison du statut des salariés relevant du régime général, leur remplacement rapide n’entraîne pas de surcoût pour l’établissement.

Par contre, pour remplacer les personnels malades, les EHPAD publics sont contraints d’avoir recours à une assurance privée d’un montant très élevé pour l’établissement et qui ne couvre qu’une partie du coût employeur ainsi certains EHPAD ne remplacent pas les personnels absents avec des carences allant de 8 jours à 28 jours… 28 jours sans remplaçant.

La surcharge de travail pour les autres conduit ainsi certains à plus de blessures au travail et à l’épuisement.

Il semble que le taux d’absentéisme soit proportionnel au temps de non remplacement. Remplacement rapide = faible taux d’absentéisme dans le privé, carence de remplacement dans les EHPAD publics = fort taux d’absentéisme.

Cette question de l’assurance mériterait d’être sérieusement étudiée afin d’améliorer la couverture des Etablissements publics par une réflexion sur la mutualisation des contrats ou encore une négociation sur le plan National.

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