Le 3 décembre 2018 se tenait le 4èmepoint du comité de suivi et de dialogue du contournement de Beynac du Conseil départemental. J’y ai rapporté les réflexions issues de la réunion d’apaisement que, préoccupée par les évènements récents mettant en jeu la vie de jeunes opposants, j’avais organisée le 1er décembre.

  • Jacqueline DUBOIS députée
  • Jacqueline DUBOIS

4ème réunion du comité de dialogue et de suivi de Beynac – 3 décembre 2018 – Périgueux

Pour lever toute ambiguïté je veux rappeler qu’avant d’être députée, en tant que citoyenne, je m’étais exprimée dès 2016 contre le projet de contournement en raison du ratio entre la dépense engagée et l’utilité « relative » du projet et de ma préoccupation quant à la préservation du patrimoine de cette vallée.

Un moratoire d’un an avait été vivement conseillé en 2017 par le CGEDD dans un rapport réalisé en raison de mon interpellation du ministère de la transition écologique et solidaire en juillet 2017.

Après la décision de la Préfète de Dordogne d’autoriser le début du chantier, les associations ont mené des recours. Je me suis mise en retrait, mais n’ai pas changé d’avis et regrette les conséquences de ce chantier.

En France il y a liberté d’expression et de manifester même si cela dérange le porteur du projet, et je réaffirme que je n’ai jamais soutenu et ne soutiendrai jamais que des actions légales.

Récemment, un jeune homme avait choisi de manifester son opposition au projet en montant sur une grue ; un autre en se positionnant sur une pile de pont en construction. Ils se sont mis en danger pour protester contre l’avancement du projet. Ces actions, aucun responsable politique ou associatif ne peut les soutenir. Et à titre personnel, je les condamnes.

Toutefois la question de la mise en danger de la vie de personnes me préoccupe vraiment.

Après ces événements, il me semblait nécessaire de rechercher des voies d’apaisement, ce que j’ai fait en invitant toutes les parties directement concernées : six associations opposées ou favorables au projet, les maires et présidents de communautés de communes concernées, les représentants du département.

Les personnes présentes dans des échanges constructifs ont exprimé plusieurs remarques et propositions :

  • d’abord le rappel d’un besoin de dialogue réel et sincère,
  • l’importance que le revêtement de la chaussée de Beynac soit achevée,
  • le regret que le comité de suivi et de dialogue ne soit pas organisé par l’Etat, ce qui aurait peut-être facilité la venue des opposants à ce projet ;
  • la demande qu’une réponse soit apportée pour la future sécurité du carrefour de la grange de Vergne qui a été modifié par rapport au projet initial ;
  • Les différentes parties prenantes interrogent le fait que pour avoir accès aux documents, il faille réitérer de multiples démarches alors que ceux-ci sont publics ;
  • Elles souhaiteraient que la question du financement soit aussi à l’ordre du jour des réunions, demandant où en est le plan de financement et à quel montant se chiffre le chantier aujourd’hui. Cette information relève d’une exigence démocratique minimale, c’est un sujet pour un dialogue réel et sincère, dans un département qui a le plus fort taux d’imposition de Nouvelle-Aquitaine, un département qui est devenu, dit-on cette année le 3e département le plus endetté de France
  • Il a été proposé que la SEPANSO soit présente au comité de suivi afin qu’elle puisse vous faire part de ses observations sur l’aspect environnemental du déroulement du chantier.
  • la question de la sécurité de la falaise du Pech inquiète beaucoup le maire de la Commune de Saint-Vincent de Cosse, avec des blocs qui menacent des maisons et des personnes… J’ai appris qu’il faut 700.000 euros pour cette sécurisation et que le Département cherchait des financements ! Pourquoi n’a-t-il pas été procédé à sa sécurisation prioritairement au contournement ?
  • pour finir, les associations ont dit ne pas être en mesure d’empêcher la venue et l’action de militants éco-résistants déterminés, qui squattent une propriété privée. Il semblerait qu’ils seraient arrivés après l’épisode des fouilles et les contestations qui s’en sont suivies quant à leur traitement ; et de nouvelles personnes continuent à venir.

 

Pendant longtemps, c’est le sentiment d’une absence de concertation qui a prévalu dans ce dossier. l’Etat, via la préfecture,  a demandé l’installation d’un un comité de suivi. Le choix du CODERST pour sa composition a conduit à écarter des associations et des interlocuteurs qui font entendre des voix différentes, qui sont directement concernés, qui sont parfois opposés au projet et qui le suivent de près.

Ce samedi, c’était la 1ère fois que l’ensemble des associations ont pu s’assoir à une table avec les représentants de l’Etat et des élus locaux et pour la 1ère fois, elles se sentaient écoutées et respectées. C’est cela qui est à la base de l’apaisement, même si le conseil département ne s’était pas déplacé.

Je voudrais dire combien j’aimerais que chaque personne concernée par ce contournement se sente respectée et qu’une nouvelle méthodologie soit proposée pour instaurer enfin un climat de confiance et d’apaisement.

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